Société Anonyme de travaux Dyle et Bacalan



Un capital de 51 000 000 F en 1912 équivaut à
150 268 950 Euros (985 699 696 Francs) en 2005

Parmi les sociétés de constructions métalliques et de constructions navales qui ont orienté leurs efforts vers l'aviation, se trouve la société anonyme de travaux Dyle et Bacalan; fondée en 1879, elle occupe 5 000 ouvriers et employés, ses établissements couvrent une superficie de 700 000 mètres carrés.
Jusqu'en 1925, les fabrications de cette société comprennent surtout le matériel fixe et roulant pour chemins de fer, les constructions navales, les charpentes métalliques, la chaudronnerie, les machines et installations frigorifiques à terre et à bord des navires. Les vastes ateliers et chantiers navals de Bacalan lui permettent d'adjoindre à ces fabrications, la construction d'appareils volants terrestres et hydravions sur une surface couverte de 5 000 mètres carrés.
L'ingénieur Gustave Letang est chargé dès 1924 de créer un bureau d'études aéronautiques dont les réalisations concernent des appareils exclusivement métalliques, l'effectif est en période de pleine charge de 400 ouvriers et 80 employés. L'idée maîtresse de conception est l'aile suffisamment épaisse dans sa partie centrale pour constituer un fuselage porteur ou une aile habitable. Assisté par l'ingénieur Foucault, M. Letang utilise l'atelier de 15 000 mètres carrés qui lui est réservé pour la construction des avions issus du département aéronautique de la Dyle et Bacalan.
Dès 1925, Bacalan forme des ouvriers d'aéronautique grâce à la réparation de plusieurs types d'avions métalliques et en bois; l'année suivante, 40 Breguet XIX sortiront de cette usine. La première réalisation spécifique à la marque est le bimoteur de bombardement de nuit DB 10 remarquable par la présence, au centre de la voilure, d'une carène en forme d'aile épaisse soutenant toutes les charges et l'équipage. Les pièces maîtresses de la charpente de l'aile sont en acier spécial à haute résistance. Les longerons à semelles en acier avec âme en tôle mince portent des nervures en profilés de duralumin. Les mâts soutenant la voilure sont comme ceux qui constituent l'armature du fuselage en tubes de dural.
Le DB 10 effectue son premier vol sur le terrain de Mérignac en avril 1926 aux mains de Charley Descamps. La mise au point de ce premier avion bordelais se poursuit jusqu'en novembre 1926. Après avoir remplacé ses moteurs Gnome et Rhone Jupiter de 420 chevaux par des moteurs de 480 CV en juin 1927, il vole jusqu'en 1929, date à laquelle il est abandonné ainsi que sa version hydravion qui ne fut même pas mise en chantier.
Le DB 20 lui succède; c'est un multiplace à défense totale capable d'assurer des missions de reconnaissance et de bombardement. Entre le fuselage et les moteurs se situent des profils de voilure épais qui carènent les couloirs d'accès aux moteurs. Il effectue son premier vol en septembre 1929 et il termine sa carrière au magasin général d'aviation de Romorantin en octobre 1930. Après le DB 30 qui eut une existence éphémère, arrive le DB 70 qui est une extrapolation à deux fuselages des DB 10/30.
L'envergure de ce mastodonte dépasse 36 mètres; la construction commence à Bacalan fin 1928 et se termine à Mérignac à la Société aérienne bordelaise. L'achèvement du DB 70 est retardé à cause de la transformation de Dyle et Bacalan en S.A.B. (Société Aérienne Bordelaise). Cependant, Charley Descamps décolle de Mérignac cet avion de 11 tonnes le 15 novembre 1929. Cet avion, construit comme ses prédécesseurs en acier et dural, offrait deux vastes cabines latérales réunies par un salon de 30 m2 avec une hauteur libre de 1,88 m, il pouvait accueillir 28 passagers. Il participe en août 1931, aux grandes manoeuvres militaires de l'Est, en septembre 1933, au tour de France des prototypes. Malgré son indéniable succès manifesté durant les différentes présentations, il achève sa carrière au sol, dans la région parisienne. Entre-temps, les monomoteurs DB 80 et DB 81 volent dans l'année 1930. Ils seront abandonnés en 1933.
Entrepris en 1930, le quadrimoteur AB 20 est achevé en août 1931, alors que ses moteurs ne sont pas encore homologués, transportés par éléments séparés sur le terrain de Mérignac, son premier vol a lieu en janvier 1932. Pesant 14 600 kg l'AB 20 atteint la vitesse de 210 km/h et monta à 3 000 m en 20 mn. Par ailleurs, la SAB assure depuis 1929 jusqu'à 1932, la fabrication de pièces et d'ensembles destinés au Nieuport 62 ainsi que la réalisation de coques pour les hydravions Schreck.

Source : article de René Lemaire dans Les Cahiers de la Mémoire. N° 3 L'aéronautique à Bordeaux. Ed. Les cahiers de la mémoire / William Blake and Co.

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